Atelier de peinture/Taller de pintura/Art studio

 

Armando’s silhouettes

Decades have past and I still have the same curiosity, the same interest, Armando’s assiduous work and his episodes agitated by a turmoil of unsatisfaction or quiet restlessness. His ties with reality: but what reality? -They are ambiguous and many times disorienting. He keeps facing it with a certain distance as if he remembers wanting to get completely away from it. If he sometimes tries to get close to reality, it is to imagine certain aspects in a better way and not to try about any description. Its objective presence doesn’t count for him at all as he reflects more about the problem of human fate and the journey of thought with its possible diverse interpretations.
Patiently year after year, he continues effectively the search for an inner world through figurative allusions. What he mostly let us partially see some time ago, was a strange population, lines of ghostly silhouettes with hurried steps before the threatening events or after a cataclysm in the middle of a sketch for a chaotic landscape.
A certain king of signals asking for help or simply a certain king of theater of loneliness. Each spectator can, however, opt a different reading because the trauma doesn’t appear at any place under the dignity of the spectacle, and the softened colors cover the group to obtain an extraordinary sensation globarly harmonious. Afterwards, the quietness is precised even more. The silhouettes got distant, gained more constancy and more color, while the landscapes faded away, reduced themselves to the smallest elements. A new order of the humane is prevalent, but it questions us so much deeply. It looks like now the curtain goes up letting us see a scene even more unexpected, putting in doubt the reasoning as much as the view.

Ironic garlands of masks balance in the sky and question us with their splendour of live colors while, not far, there’s a gigantic character willing to dissolve in the atmosphere from where a horizon line emphasized by trees appears. Are we in front of an illusion, of a dream where anxiety makes him fight with the poetic humor?
To complete our mental and visual confusion, our creator never lacks of astonishing inventions; he manages to fragment, dissociate planes, to multiply and dislocate the points of view.
What can be deduced from this play of mirrors where perspective cross skillfully in the middle of a wonderful spectacle of chromatic gradations?

What objective will our friend try to make us find?
We have too many solutions: the triumph of uncertainty; the suggestion of a constant unreality; the inexorable race of time that swallows beings and things; the revelations of a different universe; the impotence of man to define his fate and because of that his laughable condition or the denial of his presence. Before these diverse virtues, everyone is free to choose, free to make his own reading of this work so rich that often demands many readings. However, such an original creation can seduce the spectators, the most difficult, intriguing and astonishing them at the same time, which is the privilege of what solidifies his personality.

Gaston Diehl, Honorary Chief of Expositions, Former Ministry of Foreign Affairs of France.

 

Les silhouettes d’Armando

Les décennies ont passé et je suis toujours avec la même curiosité, le même intérêt, le labeur assidu d’Armando et ses épisodes agités par un tourment d’insatisfaction ou de sourde inquiétude. Ses attaches avec la réalité ( mais quelle réalité ?) sont ambiguës, assez souvent déroutantes. Il continue à garder à l’égard de cette dernière une certaine distance comme s’il se souvenait qu’autrefois il avait souhaité s’en éloigner radicalement. S’il tente de s’en rapprocher par moments, c’est afin de mieux imaginer certains aspects, non pour s’essayer à une quelconque description. Sa présence effective ne compte guère pour lui dans la mesure où il se penche davantage sur le problème de la destinée humaine et le cheminement de la pensée avec ses diverses interprétations possibles.

A travers des allusions figuratives il continue en effet sa recherche d’un monde intérieur qu’il poursuit patiemment année après année. Ce qu’il nous laissait entrevoir, voici quelque temps déjà, c’était une étrange population, des files de silhouettes fantomatiques ayant l’allure de fugitifs se hâtant devant des événements menaçants ou après un cataclysme, au milieu de l’ébauche d’un paysage chaotique. Une sorte de lancinant appel de détresse ou plus simplement de théâtre de la solitude. Chaque spectateur pouvait cependant opter pour une lecture différente car le drame n’apparaissait nulle part sous la dignité du spectacle et les coloris adoucis baignant l’ensemble pour obtenir une étonnante sensation globale harmonieuse.
L’apaisement s’est encore précisé par la suite. Les silhouettes se sont espacées, isolées, ont pris de la consistance et davantage de couleur, tandis que le paysage s’estompait, se réduisait à d’infimes éléments. Un nouvel ordre de l’humain prévaut, mais nous interroge d’autant plus à fond.
Voici qu’à présent le rideau se lève sur une scène encore plus inattendue mettant en doute le raisonnement autant que le regard. D’ironiques guirlandes de masques se balancent dans le ciel et nous interpellent de tout leur flamboiement coloré tandis que se dresse non loin un gigantesque personnage prêt à se diluer dans l’atmosphère où surgit une ligne d’horizon ponctuée de quelques arbres. Sommes-nous devant un mirage, une illusion, un songe où l’anxiété le dispute à l’humour poétique ? Comme pour ajouter à notre confusion mentale et visuelle, notre créateur, jamais en mal d’invention déroutantes s’ingénie à fragmenter, à dissocier les plans, à multiplier et disloquer les angles de vue.
Que déduire de ce jeu des miroirs où les perspectives s’entrecoupent adroitement au milieu d’une frissonnante féerie de graduations chromatiques ? Quelle finalité notre ami tente-t-il de nous faire découvrir ?
Nous n’avons que l’embarras des solutions : le triomphe de l’incertitude, la suggestion d’une constante irréalité, l’inexorable course du temps qui engloutit être et choses, la révélation d’un univers autre, l’impuissance de l’homme à définir son destin et par la même sa condition dérisoire ou la négation de sa présence. Face à ces diverses virtualités chacun demeure libre de son choix, de sa propre lecture de cette oeuvre aussi riche qui exige plusieurs lectures.
Il n’en reste pas moins qu’une pareille création originale est en mesure de captiver les spectateurs les plus difficiles tout en les intrigant et les déconcertant, ce qui est le privilège de ceux qui affirment leur personnalités.
Gaston Diehl Paris 1981
Critique d’art, au sujet de l’œuvre de l’artiste plasticien Armando.

 Texto biografico

Armando nacio en Venezuela en 1936. Se instalo en Paris con su familia en los años 60. Desde esa epoca viaja regularmente a Venezuela donde ha tenido una intensa actividad de muralista, y de realización de exposiciones en galerias y museos.

La obra de Armando se ubica como una de las mas interesantes y recientes busquedas de la pintura dentro de la tendencia del simbolisme.Concebida en Paris, donde reside y trabaja el artista desde 1968, expresa imágenes de interpretación universal develadas como memoria de su identidad venezolana;

En Armando la presencia simultanea en el lienzo de la figuracion y la abstracción son las vias de representar la realidad, surgida de un dialogo entre consciencia e inconsciente, cuya accion permite al individuo “mostrar una forma de vencer la melancolia del vacio.

La concepción espacial de Armando se define como espacio metafisico, donde el pintor logra plasmar un instante detenido y congelado proveniente del mundo de los sueños. Pero lo que define realmente la producción pictorica de este artista venezolano es su pasion por el significado: siluetas, mascaras, paisajes, son algunos de los arquetipos representados en sus cuadros.

Las siluetas representan en su obra la imagen de la mujer universal , de la fecundidad, de la semilla, de la naturaleza; y al mismo tiempo esta se transforma en la figura de la mujer venezolana, en la imagen de la tierra venezolana, a la cual nuestro pinto desde Paris no deja de añorar.

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